Pôle Public : La CFE-CGC donne la parole aux agents et salariés du Public.

Quelques témoignages … la vraie vie des agents et salariés

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Joseph – dans un ministère

’’Mon quotidien depuis le début du confinement a très peu changé. J’ai subi une opération chirurgicale début janvier et j’avais repris mon service en télétravail. C’est très facile dans mon domaine puisque je suis informaticien et qu’on bosse trois quarts du temps à distance. Pas besoin d’en dire plus : mes activités dans mon ministère sont confidentielles.
Je veux témoigner du manque de préparation, ou de la grande confiance c’est comme on veut, de la hiérarchie.
Dans mon secteur, c’est H24 et si ça ne fonctionne pas, c’est la cata ! Alors on a la culture du zéro défaut, on est préparé, on a des solutions alternatives, on sécurise, on sauvegarde, on teste, tout ça en permanence.
Alors, qu’est-ce qui n’était pas préparé ? Tout le reste …
A partir de la fin mars, plus aucune réponse des chefs. C’était à chacun de faire de son mieux ! On avait beau signalé les problèmes, faire remonter les tensions, aucune réponse !
Et puis ça a craqué ! Dans mon équipe, je suis l’adjoint mais techniquement je maîtrise mieux que le chef. Alors, lui, déjà qu’on était en désaccord sur l’organisation, il a appuyé là où ça fait mal. Ordres annulés une fois sur deux, reproches permanents, pas de réponse aux mails pendant plusieurs jours, ça a commencé à me chauffer. Et c’est là que j’ai relancé le syndicat qui a répondu présent et qui m’a soutenu. Je remercie la CFE-CGC pour les conseils juridiques : j’ai pu m’en servir pour les entretiens professionnels. Sans en dire trop, dans mon équipe, les 3 autres agents que j’encadre ne sont pas tous au même niveau. Surtout un qui a demandé en décembre une mutation et qui n’a vraiment pas les compétences techniques pour ce service. Mais c’est mon chef qui l’a recruté pour faire plaisir à quelqu’un. Mais c’est nous qui trinquons. Je n’en veux pas au collègue mais quand t’as un entretien professionnel qui positionne un agent comme expert alors qu’il t’avoue ne rien comprendre, ça craint ! C’est triste pour l’agent mais c’est toi le n+1 qui est dans la m…
Mon chef a joué aux abonnés absents, et il a fallu la menace d’une intervention syndicale en haut lieu pour qu’on calme le jeu (pour qu’on lui demande de me laisser tranquille).
Donc modestement je peux dire que si les serveurs ont tenu, si dans les services déconcentrés ils ont pu continuer à utiliser les 2 applications métiers qu’on administre, c’est grâce à mon équipe. Mais c’est mon chef qu’on va féliciter. Ce n’est pas grave, parce que la plupart des utilisateurs connaissent la vérité.’’

Éric – SNCF

‘’À la SNCF, on a mille métiers. Moi je suis dans la maintenance. Je coordonne le travail d’une centaine d’agents qui sont la plupart du temps en intervention sur le terrain.
Pas la peine d’insister sur le flou des premières semaines : c’est fréquent chez les cadres de devoir faire et défaire, de prévoir la note d’organisation tenant compte des directives nationales dont l’application est différée ou tout simplement annulée. C’est même, en vérité, une forme de souplesse indispensable pour coller au plus près de la réalité. Mes chefs d’équipe ont eu à gérer le planning des astreintes des agents placés en télétravail pour limiter les déplacements. C’est l’originalité du confinement pour nous : confinés comme les autres avec femme et enfants mais mobilisables à tout moment.
Avec la réduction des trains circulant, on a eu moins de boulot. Mais on n’a une obligation de sécurité de notre réseau. Alors on s’est concentrés sur la maintenance. Je suis sur le terrain au moins une fois par semaine. Pour le fonctionnement courant, on fait des visio, on se téléphone, on gère par mails.
À partir de la mi-avril on a tous été placés un jour par semaine en chômage partiel et on doit poser quelques jours de congés avant la mi-mai. La direction va accorder une indemnité modique pour compenser les frais engendrés par le télétravail (on utilise en effet son propre matériel) en échange d’une journée de congés. C’est une mesure bien accueillie. Le dialogue social est permanent à la SNCF.
Depuis quinze jours, on prépare le déconfinement. On dispose des stocks de masques nécessaires (2 par jour par agent) mais il faut reconnaître que le port du masque ne va pas être facile. Les gars m’expliquent qu’ils ne croisent pas grand monde, que c’est difficile de respirer et certains préfèrent ne porter que des gants. Moi j’ai rappelé les obligations de l’employeur mais aussi celles des employés. C’est notre coeur de métier de mettre la sécurité au premier rang. Mais les mesures barrières et cette distanciation sociale sont de nouvelles habitudes qui doivent s’apprendre. Et ça demande un peu de temps et de la discipline. Il faut avouer qu’on peut rarement observer la distance de sécurité : dans les véhicules d’intervention par exemple, ils sont deux.
Mais on a trouvé des solutions en cours d’installation. Les équipementiers nous ont proposé des bâches de séparation entre le conducteur et son passager qu’on fixe par velcro dans l’habitacle. C’est une solution peu coûteuse mais à grande échelle c’est loin d’être négligeable.
Enfin, pour limiter les interactions, on a mis en place des dérogations pour permettre aux agents en astreinte de ne pas revenir au dépôt et de rentrer à leur domicile avec le véhicule de la société après leur intervention. On a aussi généralisé le travail sur deux cycles désormais, 8h-14h et 14h-22h, ce qui permet aussi de réduire le nombre d’agents présents en même temps. Et dans certains cas, on alterne une semaine sur deux.
Je suis plutôt satisfait car la qualité de notre travail est toujours optimale, je n’ai eu aucun décès à déplorer parmi mes agents ou dans leur entourage pour cause de covid-19 mais je sais que l’inquiétude est grande. La réouverture des écoles annoncée laisse une majorité de mes agents sceptiques. A titre personnel, mes enfants réclament de retrouver leurs copains/copines. On peut les comprendre. Mais on verra d’ici le 11 mai comment ont évolué les choses…’’

Soutien juridique professionnel et vos témoignages : pole.public@cfecgc.fr
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