La CFE-CGC donne la parole aux agents et salariés du Public !

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Quelques témoignages … la vraie vie des agents et salariés !

(Françoise, depuis le sud de la France)
‘’Je venais de passer en télétravail un jour par semaine mais ma cheffe ne souhaitait pas que je puisse faire un 2e et un 3e jours par semaine. Et puis, le confinement a été décidé. Je me suis retrouvée être la seule du service à avoir le matériel chez moi pour pouvoir accéder aux applications ministérielles. Du coup, pendant les 15 premiers jours c’est moi qui relevais le courrier et faisait passer les messages à ma cheffe. Depuis elle a accès à sa messagerie professionnelle comme les 6 autres collègues du bureau. Comme on ne reçoit plus beaucoup de nouveaux dossiers à instruire, on peut rattraper le retard. C’est pratique.

Moi, je ne suis pas sortie depuis le début du confinement. C’est mon mari qui fait les courses. Je lui ai cousu des masques en néoprène à partir d’un de ses shorts. Quand il rentre, il laisse tout dans le garage et va prendre une douche avant de s’approcher de moi ou des enfants.
Avec les collègues on s’appelle une à deux fois par semaine. Mais le plus dur c’est de gérer les enfants. On a de la chance, ils sont plutôt calmes (7 et 9 ans). C’est quand même prenant de leur faire la classe et de travailler en même temps. En vérité, le matin c’est pour les enfants.
Moi, je télétravaille l’après-midi et un peu le soir quand ils sont couchés. Ce qui me manque le plus c’est de voir mes parents. Ils sont dans le même village mais on a stoppé tout contact. Moi, j’ai vraiment la trouille. On ne sait pas grand-chose mais c’est flippant !
Côté boulot, j’espère qu’on m’accordera 2 ou 3 jours de télétravail après le confinement. Moi, j’aime bien ça. C’est moins fatigant que d’être dans les transports et au final je travaille autant parfois même plus qu’au bureau.
Et puis ils parlent d’un déconfinement par étape. Moi je veux bien sortir lorsqu’il n’y aura plus de danger. De toutes manières, notre maire va rendre les masques obligatoires. Je pense que ça finira par être partout. J’espère au moins qu’on sera plus souple pour les congés car maintenant on sait qu’on peut vraiment travailler à distance. Pas besoin d’avoir la moitié de l’effectif toujours présent, comme pour les congés de fin d’année où on a toujours un problème pour se mettre d’accord.’’

(Albert de l’AFPA)
“Bonsoir, la situation fait que les équipes sont à pied d’oeuvre depuis le lundi 16 mars pour pouvoir avec leur volonté, leur engagement, continuer à faire de notre belle maison AFPA l’endroit où il faut être pour avoir une formation de qualité.
Mais nous sommes dans l’incompréhension. J’ai eu plusieurs contacts téléphoniques aujourd’hui avec différents collègues en réelle souffrance qui ne comprennent pas cette surcharge de documents de suivi car nous avons déjà bien du mal à assurer sur le temps de travail habituel cette nouvelle organisation.
Nous avons tous conscience de la gravité de la situation, de la difficulté à encourager nos apprenants à suivre avec assiduité ce que nous mettons en place pour eux. Ce n’est pas facile, mais les salariés(ées) répondent présents.
Mettons par écris, gardons chaque trace de notre travail mais ne nous imposons pas en ces temps difficile pour chacun de nous, encore de l’administratif supplémentaire à assimiler Nous ne sommes pas toutes et tous égaux devant un ordinateur mais pour le reste les agents Afpa sont là….
Albert, formateur peintre.’’

(Marie, Université)
‘’L’université a fermé en urgence et on a même mis les étudiants dehors. Ensuite les cadres qui ont accès à leurs mails et à l’ENT ont commencé à télétravailler avec l’idée qu’on retournait au boulot dans 15 jours.
Les services informatiques ont commencé à recenser les besoins et on s’est aperçu qu’il n’y avait pas de portables en nombre suffisant. Les agents un peu rebelles ont fait la sourde oreille du genre j’ai pas de débit, j’ai pas de forfait mais tout le monde a un ordinateur personnel ou un smartphone pour rester en contact. Après presque 3 semaines sans consigne officielle, les cadres ont reçu l’instruction de faire travailler leurs agents (sur quoi ? comment ?). En pratique, lorsque tu suis un dossier, c’est gérable. On fait des visios, des conf calls ou on se téléphone. On discute pas mal de nos conditions de travail parce qu’à la maison avec enfants et mari, c’est pas toujours facile facile.
Le plus compliqué, c’est de continuer les affaires en cours en commençant par reporter les rendez-vous, puis par les annuler mais immédiatement en préparant les suivants. A l’université, c’est la question des examens qui était la priorité mais aussi la question de la prochaine rentrée universitaire. On est en train d’organiser les évaluations en ligne et les premiers résultats sont concluants. Les étudiants sont soulagés. Un colloque – on en fait 4 ou 5 par an – ça se prépare et se programme au moins 8 mois avant ! On a un autre problème plus délicat. On embauche des étudiants qui accompagnent sous la forme de tutorat les premières ou deuxièmes années. Mais c’est des vacataires. Avec la fermeture de l’université, faute de service fait, ils ne seront pas rémunérés. On sait que pour certains ça veut dire déjà impossibilité de payer leur loyer. Et dire que les bouquins dorment dans les BU sans qu’on puisse y a avoir accès. Dans deux ou trois universités, ils sont en train de réfléchir à un système de drive pour permettre aux étudiants d’avoir des livres. Mais on ne sait pas encore comment faire pour justifier le déplacement.
Avec le beau temps de ces derniers jours, c’est plus agréable et en même temps plus frustrant. Mais bon, une chose est sûre, pour moi à présent, c’est port du masque à chaque sortie. Je vais ressortir ma machine à coudre.’’

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